Et si l’on mettait (vraiment) l’intelligence collective et le travail collaboratif au cœur de l’entreprise ?

Et si l’on mettait (vraiment) l’intelligence collective et le travail collaboratif au cœur de l’entreprise ?

Le travail collaboratif et l’intelligence collective sont des notions dont tout le monde a entendu parler et dont tout RH agile d’aujourd’hui use ou abuse. Mais de quoi s’agit-il réellement… et est-ce fait pour vous ?

Le travail collectif et l’intelligence collective ont définitivement le vent en poupe dans les RH, mais sait-on de quoi s’agit-il vraiment ? On entend par « travail collaboratif », le travail réalisé en commun par plusieurs personnes qui sont d’accord (plus ou moins parfois !) pour mutualiser à la fois leurs connaissances et leurs compétences et qui s’organisent et coordonnent leurs actions pour obtenir un résultat dont ils seront in fine collectivement responsables. Pour le dire autrement, le travail collaboratif est la convocation de l’intelligence collective grâce à une mise en commun des connaissances et compétences pour en finalité obtenir la co-création d’un bien, d’un service, d’un avantage ou autre.

d’égal à égal
Contrairement aux organisations plus traditionnelles où la hiérarchie reste au centre et au sommet, le principe fondamental du travail collaboratif est de placer tous les acteurs du groupe de travail d’égal à égal. C’est là où (parfois) les « managers » ou responsables syndicaux ont (parfois !) du mal à quitter leur position hiérarchique. Ici, la responsabilité se doit d’être globale et collective. Qu’on en soit convaincu, bien mené, le travail collectif fournit des résultats étonnants, pour tous.

Si l’expérience d’une solution ne convient pas, précise Céline Sorange, cofondatrice de Tribu-RH, on la remet en question… L’idée n’est pas de rester enfermé dans un modèle, mais de rester agile

Le travail collectif : comment ça marche ?
Ensemble, en atelier, tous les participants du groupe avancent par agglomérations et transformations permanentes… « en marchant ». Chacun est libre, légitime et invité à donner son avis et valider les propositions avancées. « Il n’y a plus de hiérarchie dans un travail collectif mais de l’horizontalité au service exclusif du projet, rappelle Céline Sorange. Si les premières minutes peuvent être un peu hésitantes, le facilitateur RH donne un cadre et une métholdolgie inspirée des outils de l’intelligence collective pour que puisse pleinement se libérer la créativité de tousC’est la confiance et la bienveillance, le partage à la fois des informations et des connaissances qui feront émerger de nouvelles solutions. » Les outils nécessaires se ramènent souvent simplement… aux feutres et aux post-it !

En trois étapes, les projets mettant en œuvre l’intelligence collective demandent :
1/ de définir un objectif (par exemple en RH : l’attribution de primes annuelles)
2/ de donner un cadre : un lieu, une durée, des participants, un animateur/facilitateur
3/ d’adopter un comportement idoine : vouloir (et savoir) coopérer

Les freins au travail collaboratif

Sortir de sa zone de confort n’est pas une vaine expression dans le cadre d’un projet de travail collaboratif, précise Béatrix Rémond, cofondatrice de Tribu-RH. »

Les intervenants peuvent se retrouver face à des injonctions paradoxales : respecter les rapports hiérarchiques ou retenir certaines informations d’un côté et penser « out of the box » de l’autre. « Cela repose sur l’acceptation par tous d’une certaine incertitude dans les process, mais aussi dans les résultats qui – et c’est ce que nous recherchons ! – ne peuvent pas être normalisés comme ce peut être le cas dans une configuration plus traditionnelle. La routine induite par une organisation classique a du bon évidemment dans le contrôle et la reproduction à l’identique, surtout dans l’industrie, mais elle laisse peu de place à la création. C’est cette routine que nous cherchons à bousculer pour tirer le meilleur parti du groupe et il appartient aux coaches facilitateurs RH de donner le juste cadre et le bon degré d’autonomie au groupe. »

Aller à l’encontre de ses habitudes
« Pour créer l’environnement ad hoc en favorisant l’expression, la mise en œuvre et la diffusion du travail collectif, poursuit Céline Sorange, il convient d’aller à l’encontre des habitudes de la plupart de nos systèmes de management des RH où l’on va évaluer les performances individuelles et non collectives. Pour servir un objectif défini avec le dirigeant, nous créons ponctuellement des bulles permettant de sortir des systèmes habituels pour co-créer. C’est rafraîchissant et incroyablement puissant en ce qui concerne la cohésion de groupe. Même lorsqu’ils retournent à des espaces de travail plus conventionnels, les participants conservent cette vibrante énergie. » « Dans l’une des entreprises dans laquelle j’interviens, complète Béatrix Rémond, le dirigeant m’a demandé de penser l’attribution d’une prime de production. Nous aurions pu décider dans son bureau des conditions et des montants, j’ai préféré lui proposer de mettre en œuvre l’intelligence collective et de transformer cette “définition de prime” en atelier collaboratif… Sur la base du volontariat, nous avons fait un appel à des salariés (un panel : tranche d’âge, parité…) et avons défini un cadre rationnel et pertinent (par exemple pas plus de 3% du chiffre d’affaires du département) propice à l’expression de toutes les créativités. »
Il est par ailleurs fondamental que le résultat du travail collaboratif se concrétise vraiment : « Il est destructeur de susciter des envies qui seront balayées ou ignorer par la suite. C’est pourquoi créer un cadre défini et sûr en amont avec une implication de la direction reste un préalable. »

Le travail collaboratif : une démarche volontaire

Ne soyons pas angéliques, tranche Céline Sorange, l’intérêt de l’individu ne s’efface jamais (ou très rarement) totalement en faveur de l’intérêt collectif. S’il est important de donner du sens au travail collaboratif sur le plan de l’entreprise, chaque participant doit également pouvoir y trouver du sens sur le plan individuel… ne serait-ce que du plaisir ! 


Le succès va principalement reposer sur le caractère volontaire de la démarche collaborative. Le travail collaboratif offre de formidables potentialités pour rendre le quotidien plus intéressant avec des réponses rapides à des problématiques qui durent : de par l’incitation à la créativité, l’émulation entre les participants et une fois le travail accompli la satisfaction de la réalisation commune. L’on peut penser à tort que c’est chronophage : cela prend généralement une demi-journée de travail à comparer à l’insatisfaction que peut provoquer une décision qui ne rencontre pas le consensus… Des idées fantastiques émergent du travail collaboratif, avec en prime du temps gagné et du plaisir. L’entreprise peut alors devenir un extraordinaire espace des possibles où l’on accepte que la surprise, l’inattendu (que l’on a tendance à craindre et à chasser habituellement dans le domaine professionnel) retrouvent une place.

On s’y met demain ? 

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